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Dernière mise à jour : 12/04/2013

Antenne de Lannion déjà 30 ans au service des Trégorrois

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Une histoire née dans un garage en 1983

L'antenne de la Protection civile lannionnaise est née dans le garage de son fondateur, Pierre Piriou. C'était en 1983...

La protection civile existe en Côtes-d'Armor depuis 1959. À l'époque, il n'y avait pas de sections locales. « Les secouristes étaient disséminés un peu partout sur le territoire. Pour plus d'efficacité, Jean Piriou, premier président, a décidé, avec une équipe de passionnés, de monter l'Association trégorroise de Protection civile. C'était en juin 1983 », rapporte Jacques Romand. Il y a trente ans, raconte le successeur de Jean Piriou, le siège social de l'association était alors au domicile du fondateur : « Le local à matériels, les vestiaires, c'était son garage ! » Une époque révolue depuis que la Ville, deux ans avant le décès de Jean Piriou, « en 2002 », a mis les locaux de la rue de Beauchamp, près du commissariat de police, à disposition de l'association.

À l'étroit rue de Beauchamp

Depuis, la structure bénévole a perdu son statut d'association au profit du titre d'antenne, une mesure décidée par la Fédération nationale en 2006. Mais le dynamisme, lui, ne s'est pas envolé. « Au décès de Jean Piriou, l'association a connu un coup de moins bien, mais après avoir fusionné avec Perros-Guirec, nous sommes repartis de l'avant », renseigne Jacques Romand qui, aujourd'hui, verrait d'un bon oeil un changement de locaux. « Nous sommes à l'étroit ; nous éraflons régulièrement nos véhicules tant il est compliqué de nous garer. Si la mairie nous entend... » En tous les cas, le message est passé.

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Combien de secouristes compte l'antenne lannionnaise ?

Nous sommes 38 secouristes, plus un médecin, le Dr Guillemot, de Ploumilliau. L'équipe est à parité. La fourchette d'âge va de 16 à 80 ans. Chaque tranche d'âge est représentée mais le gros des troupes, ce sont les 16-25 ans. Comme les plus jeunes sont régulièrement appelés à poursuivre leurs études ailleurs, ou à quitter la région pour raisons professionnelles, nous avons toujours besoin de renforts. L'appel est lancé !

Quelles sont vos missions ?

Notre mission principale, outre la formation du grand public aux gestes de premiers secours, c'est d'intervenir dans le cadre de ce que nous appelons le « dispositif prévisionnel de secours ». C'est-à-dire que nous sommes sollicités par des organisateurs de manifestations sportives, de concerts, etc., pour assurer les premiers gestes en cas de soucis ou d'accident. Le gros de notre activité se situe entre mai et septembre. On intervient ainsi au Festival du Chant de marin de Paimpol, à la Route de Kérity, au festival de Buguélès, ou à Chausse tes Tongs. Idem à Roudourou, où nous sommes présents toute la saison pour les matchs d'En Avant. Quand les Bleus ont joué face aux Feroe, nous étions également de la partie à Guingamp. Tout comme lors du match de l'équipe de France féminine. On est aussi intervenu aux Tonnerres de Brest, l'été dernier, à Douarnenez, etc. Et une équipe de chez nous se rendra peut-être aux Vieilles Charrues...

Quel volume d'activité cela représente-t-il ?

Pour donner quelques chiffres, en 2012, nous avons assuré 125 jours de dispositif de secours. Cela représente environ 4.500 heures de bénévolat. Avec, parfois, jusqu'à trois équipes mobilisées sur un seul week-end ! Cela représente un chiffre d'affaires annuel d'environ 57.000 €, sachant qu'une prestation sur un festival, de 14 h à 3 h du matin, sera tarifée de l'ordre de 600 € (tout dépend de l'affluence) quand un après-midi d'intervention ne sera facturé que 200 €. Avec cet argent, nous parvenons à nous autofinancer à 100 %. Cela couvre notamment nos frais en véhicules (deux camions, deux voitures dont un 4x4).

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Quelles qualités faut-il développer pour rejoindre l'équipe de bénévoles ?

À partir du moment où il y a de la motivation, nous accueillons tout le monde. Après, il faut dire les choses clairement : nous recrutons des personnes solides moralement, des bénévoles capables de prendre des responsabilités, des gens qui pourront sauver des vies. Ce n'est pas forcément quelque chose d'évident. Il faut être capable de conserver son sang-froid.

Quelles formations prodiguez-vous aux bénévoles avant de les intégrer aux équipes d'intervention ?

La formation comprend deux niveaux, de 35 heures d'enseignement théorique et pratique chacun. Le premier permet d'acquérir les premiers gestes de secours (arrêter une hémorragie, faire un massage cardiaque, savoir utiliser un défibrillateur...). Le second permet d'apprendre comment transporter les victimes.



Arnaud MORVAN (Le Télégramme du 05/04/2013)